dimanche 8 février 2015

Fans de la CAN 2015 : Un grand MERCI pour consoler André !

Bonjour André,

Qu’on se le dise déjà dès le départ, pour que ce soit bien clair : je ne suis en aucun cas un addicto-spécialisto footbologue. Tu sais, ceux-là qui connaissent les noms de tous les joueurs au monde, connaissent leurs parcours professionnels, peuvent raconter, à l’image près, n’importe quelle séquence de match, et qui s’appellent entre eux, les « connaisseurs du foot »). A la base, je joue et suis fan de Basket. Mais comme j’aime Les Sports, je regarde le foot et suis fan du PSG et des Panthères du Gabon, mon pays d’origine. Le reste ne m’intéresse vraiment pas : la Copa, la Liga, le Calcio, la Premier League, et même la Champion’s League. Je ne regarde que les matchs les plus médiatisés, comme les « classicos » du Real face au Barça, ou les phases de demi-finales, et, au mieux, les finales.

Cela étant, comme la majeure partie des jeunes du continent, j’ai prêté une attention particulière à la CAN que tu viens de jouer. Durant les deux derniers mois qui ont précédés ce grand événement continental, j’ai eu vent, à la télé, à la radio, et sur internet (sites de presse, blogs, réseaux sociaux), beaucoup de commentaires et de pronostics qui donnaient de très grandes chances à votre équipe. En vérité, je n’y ai que vaguement prêté attention : « beaucoup trop d’informations, pas très utiles dans la vie courante, à retenir », me suis-je dis. Mais curieusement, je me souviens d’un document que j’avais regardé au journal Afrique de TV5Monde, juste à la veille de la rencontre d’ouverture de la compétition. Dans celui-ci, intervenait d’abord Hervé Renard, sélectionneur des Éléphants de Côte-d’Ivoire, qui disait ne pas être inquiété par l’équipe du Ghana. Un autre joueur de la même sélection suivait et confirmait cette confiance en la supériorité ivoirienne sur votre équipe. Enfin, je me rappelle que l’élément suivant te montrait dans une interview accordée à InfoSport, je crois. Je me suis dit, en te voyant, que ton aspect physique (blouson en cuir, diamants aux oreilles) rejoignait quelque peu l’image d’arrogant que certains veulent bien te coller. Mais en regardant bien, j’ai remarqué par la sérénité de ton visage quand tu expliquais que vous étiez là pour aller le plus loin possible. Je me suis dis : « il a intérêt à conduire ses coéquipiers jusqu’au bout pour confirmer ses dire, le jeune André ».

L’euphorie du début de la compétition m’a donné envie de regarder les premiers matchs. Après, les occupations habituelles ont repris le dessus. Je ne peux donc pas dire que j’ai vraiment suivi cette CAN 2015 dans son intégralité. Les Evènements qui m’ont vraiment marqué, sur tout le tournoi, sont les éliminations de l’équipe des Panthères, mais aussi de celle des Lions du Sénégal. La première, celle de mon pays de naissance, était donnée favorite dans son groupe, qui comptait le Burkina-Faso, la République du Congo (Brazzaville) et la Guinée-Equatoriale, pays organisateur. Je m’étonne qu’après avoir vaincu les Étalons du Burkina, seule équipe qui pouvait vraiment leur faire peur dans ce groupe, ils se soient affalés devant les deux autres. Le cas du Sénégal (pays où je vis actuellement)  n’est pas très différent : ils ont réussi à vaincre le grand Ghana, mais n’ont pas pu faire la différence devant l’Algérie et l’Afrique du Sud. Après ces deux éliminations, j’avoue que je me suis déconnecté de la CAN et que je n’ai recommencé à la regarder qu’à partir des demi-finales. Et là, quelle n’a pas été ma surprise !

Surprise d’abord agréable en voyant la R.D Congo à ce niveau de la compétition. Encore plus agréable en suivant la prestation des Diables Rouges face à la Côte-D'Ivoire ! Ils ne l’auraient pas volé, cette place en finale. Mais l’expérience de l’équipe ivoirienne a eu raison de leurs ambitions. L’autre surprise a été la Guinée-Equatoriale : je me demande toujours comment elle est arrivée là ! Evidemment, elle n’a rien pu faire devant une équipe aussi brillante que la votre. En parlant de la Guinée-Equatoriale… Après les incidents de la rencontre qui vous a opposée, j’ai vu beaucoup de réactions qui m’ont un peu choqué, de la part de mes frères Gabonais. Il faut que je t’explique que jusqu’aux années 2000, mes compatriotes voyaient leurs voisins les plus proches comme un peuple de villageois non-civilisés. Ce n’est que depuis que le pays a commencé à avoir un essor économique résultant de son activité pétrolière que les Gabonais ont commencé à regarder ceux qu’ils appellent « Equatos » avec un peu plus de sérieux. Avant, ce nom était considéré comme une insulte à Libreville : lorsque quelqu’un te lançait « espèce d’équato », tu avais à laver un des pires affronts qui soient! Étrangement, après la défaite de l’équipe du pays hôte de la CAN, j’ai lu beaucoup de posts sur Facebook qui rappelaient cette époque sensée être révolue. Je trouve ça quand même désolant qu’on soit capable de remarquer que « l’équato ne changera jamais », qu’il « est et restera équato », mais qu’on ne constate pas que nous aussi, sommes restés ceux-là qui montrent du doigt et méprisent d’autres Êtres humains, juste du fait de leur nationalité !

Mais bon, revenons au ballon rond… Après les demi-finales, l’affiche ultime de la compétition était des plus alléchantes et des plus prometteuses : Côte-D’ivoire - Ghana. Alléchante si l’on tient compte du fait que ce sont deux équipes qui, depuis 2006, se retrouvent presque souvent en finale ou en demi-finales, et qui ont, depuis, une grande envie de remporter ce trophée. Et prometteuse lorsqu’on sait que ce sont deux équipes très professionnelles, avec beaucoup de talents et un véritable jeu collectif. D’ailleurs, durant toute la compétition, le Ghana n’a perdu que son premier match, contre le Sénégal, et son adversaire de ce dimanche soir, lui, n’ayant perdu aucun des sien.

CP: RTL.fr/sport/football


Ce Dimanche soir, à 19h00, j’étais donc devant l’écran de télévision. Ma voisine, avec laquelle je le suivais, au début, m’a demandé laquelle des deux équipes je supportais. « Aucune, lui ai-je répondu. Les deux méritent de gagner alors que le meilleur gagne ! » Mais, au fil de la rencontre, je me suis surpris à vous encourager. Me disant qu’il faut encourager les plus jeunes à faire de leur mieux. Cependant, je me suis dis que, s’il fallait aller au de-là des 90 minutes, je ne regarderais plus la rencontre, car, pour moi, après cette période, beaucoup trop de paramètres entrent compte pour juger de qui est vraiment supérieur à l’autre (fatigues accumulées, stress, chance…). Au coup de sifflet annonçant la fin de la deuxième mi-temps, je me suis donc levé et suis passé à d’autres occupations.

Lorsque je me suis retrouvé à nouveau devant la télé, chez un ami, c’était le début de la séquence des tirs aux buts. Franchement, j’ai été époustouflé : onze tirs pour chacune des équipes ! C’est que les tireurs et les gardiens ont dû se donner bien du mal ! Et cet épilogue, digne d’un scénario hollywoodien ! Je n’ose même pas le commenter ! Je peux juste dire que, après un démarrage assez timide, et compte tenu des complications de dernière minute que nous connaissons (refus d’assurer l’organisation de la compétition par le Maroc à cause du virus Ebola), cette CAN 2015 nous a finalement gardé le plus beau spectacle pour la fin ! Félicitations aux vainqueurs, qui le méritent bien, surtout à ce nouveau sorcier africain d’Hervé Renard : deux CAN d’affilé avec deux équipes différentes, il faut le faire ! Félicitations aussi aux vaincus, qui le méritaient autant ! C’est bien dommage que la CAF ait sanctionné le Maroc aussi sévèrement, parce que, d’avoir manqué l’occasion d’abriter une aussi belle fête du football, c’est déjà en soit une sanction !



Mais quand même…

Mais quand même, il y a des petites choses qui m’ont un peu énervé durant cette soirée de finale de CAN 2015. Ce sont les effusions de larmes constatées dans chaque camp. D’abord, chez les Éléphants : les gars, je comprends votre émotion, mais ce n’est pas utile de venir étaler vos vies en direct, sur Canal+ ! Il n’est pas nécessaire que nous sachions que votre mère a souffert de votre inactivité ou que vous avez récemment perdu un proche !

De votre côté, et c’est là pourquoi je m’adresse directement à toi, André, ce sont tes larmes qui m’ont, bien sûr, émues, au début, mais qui ont finis par m’agacer. Surtout que, bien avant, tu étais passé de la sérénité, à l’interview d’InfoSport, à la confiance, affichée durant les rencontres de quart et de demi-finales, et même à la défiance, rendue à Copa Barry, gardien des Ivoiriens, qui cherchait à t’intimider (rappelle-toi maintenant de cette parole biblique lorsque tu seras à nouveau dans ce genre de situations : « l’humilité précède la gloire »). Tu as montré pendant toute cette CAN que tu es devenu un homme et que tu n’es plus le petit Ayew, mais un joueur d’envergure et, sans conteste, un leader. C’est dur de perdre, mais tu es sûr d’avoir maintenant matière à apprendre et à évoluer. Alors, je demande à tous les fans de foot, les supporters, tant de la Côte-D’ivoire, du Ghana, du Cameroun, du Gabon, du Sénégal, du Mali que de la Guinée-Equatoriale de te dire avec moi, à toi et à tes coéquipiers, un grand MERCI pour votre formidable prestation !

CP: RTL.fr/sport/football


A toi, je ne dirais que ceci : maintenant que tu as pleuré, comporte-toi en grand : sèche tes larmes, ramasse tes crampons et retourne au travail sur le gazon !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire