vendredi 20 novembre 2015

Musique et nuisances sonores, tapages nocturnes et autres désagréments





Bonjour les Êtres humains !



Ceux qui ont déjà lu quelques-uns de mes anciens billets l’auront surement remarqué : j’aime, que dis-je, j’adore la musique. J’en écoute dès que j’ai un peu de temps libre, quand je m’ennuie, quand j’ai envie de me concentrer pour faire un travail, ou juste pour me divertir l’esprit. Et mes goûts sont des plus éclectiques : je peux passer de l’Afrobeat de Fela, au Jazz de Nina Simone, en passant par le R’n’B de Beyoncé et le rap de Kendrick Lamar en une seule journée ! Souvent, je le fais dans ma chambre, et quelques fois, quand je suis dans un endroit public, j’enfile mes écouteurs et en quelques notes, je suis ‘’ailleurs’’. Bien évidemment, je sais que nous sommes des milliers, voire des milliards qui faisons de même sur le globe. Et les goûts sont aussi divers que ce dernier porte d’âmes. Cependant, il y a parfois des tendances, des habitudes qui se répandent très vite en Afrique, que j’ai beaucoup de mal à m’expliquer. La dernière en date, c’est cette volonté, ce désir commun à la plupart des jeunes, et même des moins jeunes, d’imposer leurs goûts musicaux à leur entourage.



J’avais déjà fait ce constat depuis un certain temps dans les rues de Dakar, capitale du Sénégal : les jeunes, plus souvent les adolescents, se baladent dans les rues munis de leurs Smartphones, qui hurlent, au plus fort de la capacité de décibels qu’ils peuvent débiter, soient des sonorités du Mbalax local, soient les dernières sorties en matière de Rap français ou américain, ou de hip-hop nigérian. Les premières fois que j’ai eu à rencontrer ce genre de personnes, je me suis dit : « ils ne doivent pas savoir qu’on a inventé les écouteurs depuis des décennies ». Étrangement, il semble que même les fabricants de ces accessoires, somme toute utiles pour l’écoute en toute discrétion, se sont mis à suivre la tendance. C’est ainsi que vous verrez maintenant certains mélomanes se promener avec des petites boites, souvent en forme de cubes ou de cylindres, qui tiendraient facilement dans une main, et qui rivalisent aisément avec nos vieilles chaines Hi-fi des années 90, en matière de qualité de son, mais surtout, de volume. Pour moi, ce genre d’appareils a surement été produit à destination de personnes qui désirent, sans s’encombrer d’un arsenal d’ampli et de branchements, faire la fête dans un contexte convivial, mais assez discret : une petite animation dans un parc, un concours de danse improvisé dans une cours d’école, ou entre amis, au bureau, pendant la pause (si vos supérieurs et l’environnement vous le permettent !). Je conçois mal que Sony, Beats by Dre ou les autres éditeurs de ce genre d’accessoires aient sérieusement indiqué, dans le mode d’emploi : « à utiliser en marchant dans la rue, pour obliger votre entourage à écouter VOTRE musique » !

Je me disais, il y a quelques mois, à Dakar, que les jeunes de cette ville devaient avoir des influences culturelles particulières, pour s’être accaparés ce genre d’habitudes. J’ai largement eu tort. Car, depuis que je suis arrivé à Libreville, il ne se passe pas une journée durant laquelle je ne croise un jeune armé de cet accessoire, déambulant tranquillement dans les rues de mon quartier, ou même du reste de la capitale Gabonaise. Il faut souligner qu’à Libreville, ces petits haut-parleurs portatifs ne sont pas très répandus. Le plus souvent, ce sont les téléphones portables qui crachent les décibels dans les ruelles. Et, chose encore plus bizarre, ici, ce phénomène touche tous les âges : des enfants de cinq à six ans (comme dit ma mère : « même les lézards et les roseaux ont des smartphones de nos jours »), tout au plus, en passant par les ados, jusqu’aux jeunes adultes. Il m’est même arrivé de croiser des femmes d’un âge assez avancé qui se baladent avec leur téléphone portable diffusant les dernières louanges en vogue dans les milliers d’églises, traditionnelles ou nouvelles qui pullulent dans le pays. D’ailleurs, vous l’aurez bien remarqué, cet étrange phénomène vise les deux genres. Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi tant de gens tiennent à faire savoir à tout le monde ce qu’ils aiment écouter en ce moment.

Si seulement cela s’arrêtait à l’usage de portables ou d’accessoires d’ampli… Malheureusement, il y en a qui vont bien au de-là de ces deux types d’appareils, pour imposer à leur voisinage l’écoute de leurs titres favoris de l’heure : prenez mes voisins les plus proches. Tous les matins, bien avant sept heures, l’un d’entre eux allume sa radio, et fait écouter à tout le pâté de maisons, son nouveau CD préféré. Une compilation de chansons religieuses dont je connais déjà enchaînement exact, tant il est impossible de garder les yeux fermés dès que le concert matinal démarre. Chez mes parents, c’est un groupe de jeunes qui, du matin au soir, diffuse toutes sortes de sonorités, des musiques locales au reggae, sans se soucier de l’heure ou de l’incommodité des voisins. Ce qui me fascine le plus, c’est qu’en face de leur point de rassemblement, une petite véranda où l’on vend des boissons alcoolisées, habite un jeune couple avec une petite fille de moins de trois ans. Cela doit être un vrai calvaire pour la mettre au lit le soir avec la musique et, en prime, les hurlements des débats animés de ces jeunes. Et dire qu’ils ont tous plus de dix-huit ans et que certains d’entre eux travaillent et ont des responsabilités !

Il y a aussi les conducteurs ! C’est drôle, mais quand je monte dans certains véhicules, je ne peux m’empêcher de me dire que le propriétaire a surement longtemps rêvé de réaliser ce fameux cliché qui nous vient de l’autre côté de l’Atlantique : rouler vitres baissées, cheveux au vent, avec la musique à fond la caisse ! Il n’est pas interdit de réaliser ses rêves d’enfance, mais doit-on pour autant les imposer aux autres ? Parce que je comprendrais encore qu’on puisse conduire une « discothèque ambulante » lorsqu’on y est tout seul, ou avec des gens qui tolèrent cela, mais le faire avec tout le monde, n’est-ce pas un peu de la dictature ? Je parle bien de dictature, parce que souvent, si vous faites remarquer au conducteur que le son est trop fort, vous êtes sûrs d’entendre : « c’est ma voiture, j’y fais ce que je veux. Si tu n’aimes pas, tu marches ou tu t’en achètes une ! »

Et puis, il y a ceux qui, pour moi, doivent souffrir d’un syndrome d’autodestruction des tympans. Je parle de ceux qui osent utiliser les écouteurs, mais qui mettent la musique si fort qu’à deux mètres d’eux, vous distinguez clairement ce qu’ils écoutent. Il m’est tellement de fois arrivé de devoir presque hurler à mon voisin de table en classe, ou à ma voisine de bureau, que parfois, je me dis qu’ils font semblent de ne pas m’entendre. Mais je vous assure qu’à l’écoute du volume de leurs écouteurs, ils n’y a aucun doute qu’ils ne feignent pas de ne rien entendre ! Et presque souvent, je ne peux m’empêcher de les avertir : « ça rend sourd, tu sais… »

Pour finir, en matière de nuisance sonore, car, pour moi, c’est bien de cela qu’il s’agit, il y a les bars. J’habite un quartier qui, à l’image de la ville qui l’abrite, fait penser à ces clichés des pays caribéens où les gens font la fête du matin au soir, toute la nuit jusqu’au lendemain, sans jamais trop savoir ce qu’on célèbre. Le plus terrible, c’est que dans mon quartier, les bars se concentrent en un endroit, appelé « petit marché », et sont, chose incompréhensible, tous construits le long de la barrière de l’école primaire du coin. Pour y avoir fait toutes mes premières classes, je peux vous assurer que toutes les classes de CP perçoivent, ou plutôt, sont inondés de la cacophonie permanente de ces débits de boissons, qui jouent à qui fera le plus de bruit pour attirer les clients.   


Pour ceux qui ont décidé de se débarrasser le plus rapidement possible de leur capacité auditive, personne ne doit se mettre en travers des choix de chacun, aussi irresponsables soient-ils. Il parait que c’est cela la démocratie. Moi, à chaque fois que je me rends compte que mes écouteurs m’empêchent d’entendre les bruits autour de moi, je pense à mon arrière-grand-mère paternelle, à qui il fallait hurler des phrases qu’en fait, elle n’entendait quasiment pas. J’aimerais que cela arrive le plus tard possible, pour moi. Et pour ceux qui se soucient de leur audition dans les années à venir, il serait temps d’être un peu plus regardant sur la façon dont nous écoutons la musique. Il serait temps aussi, que les uns se soucient un plus de la santé des autres, car si nous le faisons, pas, personne ne le fera, surtout pas dans notre pays où les législations contre les nuisances sont à chercher à la loupe, et, quand elles existent, ne sont carrément pas appliquées. À qui de les faire exécuter : des agents administratifs ? Des agents des forces de l’ordre ? Des agents municipaux ? Ils sont tous visiblement trop occupés pour ce soucier de nos oreilles, et donc de notre santé ! Alors, il ne tient qu’à nous de faire des efforts, pour nous-mêmes, pour nos parents, nos enfants, nos amis, nos voisins et pour le bien-être que mérite chaque citoyen, à commencer par nous !  

lundi 16 novembre 2015

Gabon : pourquoi je suis (et resterai) homophobe ?

Bonjours les Êtres humains !
                                                     


Nous vivons dans un monde en perpétuel changement, tant sur le plan politique, sur le plan économique qu’au niveau social. Dans ce dernier volet, en particulier, l’humanité a connu et vit encore une évolution qui pourrait bien faire retourner dans leurs tombes les Terriens du siècle dernier. En effet, les mœurs ont drôlement changées depuis les années 20. On pourrait dire que c’est un peu la course à toutes les libertés : les noirs et toutes les autres races autrefois dites « inférieures » ont été presque totalement affranchis, les colonies ont acquis leurs indépendances, les femmes ont obtenu le droit de travailler, puis celui de voter. Il y a quelques années, c’est au niveau des habitudes sexuelles que des barrières sont tombées : dans beaucoup de sociétés, l’on ne se sent plus contraint d’attendre le mariage pour avoir ses premiers rapports, les femmes revendiquent leur droit « d’avoir des orgasmes », etc. Disons que les esprits se sont quelque peu débridés. Puis, est arrivée la Gay Pride, cette espèce de journée mondiale de l’homosexualité. Mais qu’est-ce donc que l’homosexualité ? Mon dictionnaire Larousse définit un homosexuel comme une personne qui éprouve une attirance sexuelle pour les personnes de son sexe. Si l’on revient quelques décennies en arrière, on remarquera que ce qui, aujourd’hui, est considéré un peu partout comme un droit aussi juste que celui à la vie, était vu comme une déviance, une perversion, un acte contre-nature, voire même un péché !



C’était cette vision que les gens avaient de l’homosexualité au Gabon, il y a encore une vingtaines d’années. Comme un peu partout dans le monde, être traité de « pédé » était la pire des injures que l’on pouvait vous adresser ! Souvent, c’était l’élément déclencheur d’une bagarre, à coup sûr. Cela ne signifie pas, certes, qu’il n’y avait pas d’homosexuels au Gabon. D’ailleurs, lors d’un petit débat tenu au bureau il y a quelques jours, quelqu’un expliquait que sa grand-mère lui aurait raconté que, de son temps, dans certains villages (nous sommes à l’époque coloniale et un peu avant), des hommes qui vivaient en couple. Tout le monde savait qu’ils étaient épris l’un de l’autre et qu’ils « dormaient » ensemble. Un ancien du bureau nous expliquait qu’à cette époque, du fait des initiations que presque tout le monde passait dans les rites traditionnels et mystiques de nos différentes ethnies, l’homosexualité faisait partie des interdits imposés par ces rites. De ce fait, ceux qui s’y adonnaient étaient, le plus souvent, frappés d’une quelconque malédiction, qui pouvait agir de diverses manières : de l’apparition d’affections cutanées jusqu’à, dans les cas extrêmes, la mort subite. Une chose est toutefois sûre, c’est qu’il y a quelques années, ceux qui se considéraient comme homosexuels vivaient ce choix dans une grande discrétion ! De toute mon enfance, et même durant mes années lycées, je ne me souviens pas avoir connu, vu ou même entendu parler de quelqu’un, dans mon entourage qui l’était.      

Il y a une poignée d’années, lorsque les premiers vents porteurs  du « mariage pour tous » ont commencé à souffler sur l’occident, je me suis vite positionné : chacun a le droit d’avoir son opinion et de faire ses choix, et celui qui considère que les personnes du même sexe que lui sont celles qui l’attirent assume ses choix, tant qu’il ne me dérange pas. Je me souviens qu’un jour, débattant du sujet avec des amis, l’un d’eux m’a demandé : « et si ton fils t’annonçait qu’il est homo ? », ce à quoi j’ai répondu que, dans ce cas, je considérerais que c’est de ma faute, parce que j’ai échoué dans ma tâche qui était de lui inculquer une éducation (sexuelle) que j’approuve. Mais là n’est pas le sujet. Ce dernier est que, il faut bien le constater, ces vents de révolutions homophiles qui ont soufflés sur les pays du Nord, ont semé quelques graines ici  en Afrique. Ainsi, l’homosexualité est de plus en plus exposée dans nos capitales, bien qu’elle soit toujours vue d’un mauvais œil.  

Ce qui m’a le plus surpris, à ce propos, c’est la façon dont cette orientation s’exprime le plus dans mon pays, le Gabon. Ce qui est le plus choquant, c’est la manière avec laquelle certains se la sont appropriés et l’expriment. En effet, cette tendance a pris le visage d’un monstre, voire d’un démon, qui ronge la société gabonaise, à tous les âges, à toutes les classes, et qui est devenu la source de plus de honte, d’humiliations, de dépravations et de déshumanisations. Voyez donc les faits par vous-même et jugez…

Il y a quelques années, lorsque j’étais au lycée, en classe de Troisième, j’ai assisté à un spectacle inhabituel : dans une classe vide à première vue, je surpris deux jeunes filles de Terminale en train de s’embrasser goulûment. Pendant des semaines, je n’ai cessé de me demander ce qui pouvait bien motiver deux jeunes filles à faire une chose pareille, et surtout, comment elles en étaient arrivées là. C’était la première fois que j’étais confronté à ce qui deviendra, un peu plus tard, un « trip » pour les jeunes en soirées : des filles qui s’embrassent pour, certainement, s’offrir un délire. Mais, il y a quelques années, j’ai découvert que le délire est allé un peu trop loin. En effet, un jour, en parcourant le mur d’un groupe sur Facebook, je suis tombé sur une photo aussi choquante qu’explicite : trois jeunes hommes, nus comme des vers, s’y présentaient, deux d’entre eux copulant, tous sourire aux lèvres, tandis que le troisième les regardait avec envie, attendant son tour ! Ce qui me traumatisa le plus, c’est qu’ils avaient, au trop, seize ans ! Pourquoi ? Pourquoi, à l’âge où ma plus grande fierté était de poser mes lèvres sur celles de mes petites camarades de classe, ils étaient, eux, si fiers d’être homos qu’ils n’hésitaient pas à se filmer et poster les images sur les réseaux sociaux ? Comme diraient certains, qu’est-ce qui n’a pas marché ? Effet de mode ? Rébellion de l’adolescence ? Où sont les parents ? Que se disent-ils ? Ont-ils démissionné ? Savent-ils au juste ce qui se passe ? En ont-ils conscience ?

À lire les nouvelles qui déferlent, tant sur les réseaux sociaux que dans les journaux officiels, il est sûr qu’ils en ont une idée. Parce je parie que beaucoup d’entre eux ne sont pas passés à côté de ce fait divers qui date de quelques semaines. Relaté dans le journal national l’Union, le plus lu du pays, il conte la mésaventure d’un jeune homme qui a eu la mauvaise idée de sortir avec une jeune femme en couple. Le concubin de cette dernière ayant découvert qu’il était cocu et appris par qui, s’est armé de sbires et, ayant tendu un guet-apens à son rival, l’a obligé de force, pour le punir, à lui faire (pardonnez mon langage) une fellation ! Dans un passé assez proche, ce genre de cas se réglait aux poings en comptant les dents cassées ! D’où vient cette idée que pour se venger, on s’offre une fellation ? Est-ce vraiment juste un désir d’humiliation ? Pour moi, il faut avoir un certain penchant pour les rapports sexuels (même simplement oraux) avec les personnes du même genre pour en arriver là. Mais bon, sur ce sujet, les avis sont très partagés.   

Dans le cas précédent, l’argument de la vengeance peut encore être défendu par certains. Dans celui qui suit, derrière lequel pourrait-on tenter de masquer une volonté d’assouvir des penchants homosexuels publiquement refoulés ? Ce cas précis est celui qui a déferlé la chronique sur les murs et pages Facebook il y a quelques semaines : il s’agit d’un agent d’une grande entreprise de la place qui laisse exprimer sa colère. Et pour cause : il a été, pendant des mois, voire plus, l’amant de plusieurs haut cadres de la société, dont le directeur des ressources humaines, qui lui promettait un meilleur poste au sein de la firme. Voyant que le poste a été attribué à un autre, et aussi que sa santé pâtissait sérieusement des assauts sexuels de ses collègues de travail, il ne pouvait plus contenir sa colère et l’a laissé s’exprimer, avouant publiquement les pratiques auxquelles lui et ceux-ci s’adonnaient. Voilà où nous en sommes aujourd’hui au Gabon : avant, c’était les femmes qui devaient subir le « droit de cuissage », ou « l’entretien canapé ». Maintenant, la tendance est passée à « l’entretien sodomique » ! Je n’ose pas imaginer le degré des douleurs physiques et morales que cet homme, époux et père de famille, a atteint, au point de ne plus pouvoir garder secret le fait qu’il ait accepté de monnayer sa « virginité anale » contre un poste. N’avait-il pas confiance à ses connaissances, à la formation qu’il a suivie pour en arriver là, à son expérience professionnelle et ses capacités de travail pour accepter une telle proposition ? Car, il y a une chose qui est sûre, c’est qu’il n’était pas sous la contrainte physique, comme dans le cas cité plus haut. Il aurait pu dire non. Il aurait probablement perdu toute chance d’avoir cet avancement, et aurait peut-être même perdu son travail, mais il n’aurait pas humilié son nom et par la même occasion sa femme, ses enfants, ses parents, ses amis… Sommes-nous donc arrivés, dans ce pays, à un point tel qu’on ne puisse plus, pour gagner sa pitance et nourrir sa famille, rien faire d’autre que se soumettre à cette nouvelle forme de corruption qui, selon les dires de beaucoup, prend de plus en plus d’ampleur dans le monde professionnel national ?

Sommes-nous donc tombés si bas ? Je n’évoquerai pas le cas des élèves et étudiants qui tiennent, à ce qu’on dit, des réseaux de jeunes hommes « disponibles » pour certains haut placés de la République. Voilà donc où nous en sommes : les hommes sont contraints de se prostituer auprès d’autres hommes pour être considérés comme de vrais « hommes » dans la société ! En parlant de prostitution, il y a un cas qui, je vous l’avoue, me donne de l’urticaire, rien qu’à y penser. C’est celui de ce jeune homme qui assume clairement son homosexualité (au moins, il le courage de déclarer son camp), et qui, je ne sais pourquoi, est devenu, en l’espace de quelques années, une véritable célébrité dans le cercle des Gabonais du réseau social Facebook. Ce qui m’amuse le plus, c’est la façon dont certains sont à l’affut de ses interventions, de ses vidéos (souvent gags) et prennent même ses propos au sérieux, au point de l’ériger comme une sorte de dissident qui lutte contre le pouvoir en place au Gabon. Tout cela pourquoi ? Parce que cette « belle créature » (sic) prétend détenir des informations qu’il est prêt à divulguer sur certains grands noms de notre pays. Informations qu’il a obtenu en ayant couché avec quelques-uns de ceux-ci. Est-ce bien là que nous en sommes ? Manquerions-nous tellement d’espoir, de voix à suivre, de leader, que nous en serions réduits à nous prostituer pour sauver le pays de l’abime dans lequel il ne cesse de s’enfoncer chaque jour ? Je ne fais que poser la question.

Le pire, c’est que l’homosexualité prend des allures d’instrument de torture dans ce pays. Savez-vous que, derrière les murs de "Sans Famille", prison centrale de Libreville, l’on tolère que des détenus violent d’autres ? Une amie nous relatait il y a quelques jours que, durant son séjour là-bas, sa cousine a découvert que lorsqu’une détenue déplaisait à certaines gardiennes, elles chargeaient d’autres détenues de lui faire passer un sale quart-d’ heure, la soumettant à des viols collectifs, sans que personne n’intervienne ! De mon retour de Dakar, une des nouvelles qui m’a le plus bouleversée, à ce propos, est le cas d’un de mes cousins décédé à la prison centrale de Libreville. D’abord arrêté pour un simple vol, il verra par la suite son séjour derrière les barreaux prolongés de plusieurs mois. Ce beau jeune homme frêle et assez timide succombera des hémorragies causées par des viols répétés, durant des mois. Le pire, c’est qu’il ne pouvait même pas dénoncer ses tortionnaires, car, une fois cela fait, il aurait subi pire encore. Ce qui m’attriste le plus, c’est que dans cet État dit démocratique et de droit, dont la devise serait Union-Travail-Justice, les auteurs de ce crime dorment en paix aujourd’hui. Ces hommes qui, pour assouvir leurs désirs homosexuels, n’ont rien trouvé de mieux que de violer des jeunes garçons.       



Je me souviens que lors de sa visite à Dakar, le président américain avait quelque peu soulevé le sujet des droits des homosexuels. Son hôte, le président sénégalais, Maky Sall, avait, dans son discours, en substance, rétorqué sur le sujet en précisant que l’homosexualité ne fait pas partie de nos mœurs, ici en Afrique, et que l’occident se devait de les respecter. Mais au vue des comportements que beaucoup affichent dans nos sociétés, et plus précisément dans mon pays, le Gabon, je me demande ce qu’il en sera de ces mœurs dans les années à venir. Finirons-nous par tous adopter le mariage Gay ? Finirons-nous par tous accepter l’adoption pour les couples Gay ? Et qu’adviendra-t-il quand nos enfants décideront, eux aussi, parce que c’est ce qui se fait actuellement ailleurs, de changer de sexe, ou de ne plus en avoir ? Jusqu’à ce jour, le panurgisme culturel ne nous a rendu, ni plus blancs, ni moins noirs, ni plus respectés, ni moins humiliés, alors tâchons de bien réfléchir aux idéaux que nous voulons transmettre à ceux qui nous succéderont.