samedi 10 décembre 2016

Les nouveaux enfants de la télé

Bonjour les Êtres humains !



Le sujet qui nous intéresse aujourd’hui est le rapport qu’ont, de nos jours, nos enfants, petits frères et petites sœurs (pour ceux qui en ont encore dans l’âge de l’enfance) avec la télévision et les écrans, de manière générale. Je me considère un peu comme un enfant de la télévision, ce que certains bien-pensants occidentaux, qui mettent tout le monde dans des boites ont appelé la génération Y. En effet, nous qui sommes nés dans les années 80, avons un rapport avec la télévision que nos parents ne comprennent pas trop bien. Nous avons quasiment tout appris de la vie à travers elle, et aujourd’hui, nous faisons la même chose avec nos enfants. Or, ces derniers font l’expérience de ce qu’on appelle l’avantage de l’arriération : leur génération, confronté aux technologies de l’internet et aux nouveaux terminaux que sont les smartphones et les tablettes numériques, apprennent et comprennent ces nouveautés beaucoup plus vite que nous, et de plus en plus tôt, au point de me demander si nous avons la capacité d’assurer notre responsabilité de parents face à cette évolution rapide et peu maîtrisée. Car, je me suis rendu compte, depuis plus d’une année que je discute de ce sujet avec les gens de mon entourage, qu’il y a un constat qui est évident : nos enfants passent de plus en plus de temps et ce, depuis le plus jeune âge, devant les écrans.



Quel que soit l’âge des enfants, vous constaterez, en entrant dans n’importe quelle maison qui possède un téléviseur, que tous, hors-mis peut-être, les nouveau-nés, connaissent les programmes télé quasiment par cœur, et ont leurs favoris. Des lycéens et collégiens, en passant par ceux du primaire, et même les plus jeunes de la maternelle. Vous me direz, comme la plupart de ceux avec qui j’ai abordé le sujet, qu’il est bien normal que les enfants regardent la télévision. D’ailleurs, lorsque vous demandez à des parents pourquoi ils en achètent une, ils vous diront presque tous que la première de leurs raisons est d’occuper les enfants.

Car, voilà bien une de mes préoccupations : pourquoi les parents mettent des enfants de maternelle, dont l’apprentissage du langage n’est qu’à ses balbutiements, devant cette boite (ou ce nouveau tableau noir, c’est selon le modèle) qui débite, à longueur de journée, des mots, des expressions, des comportements, des idées sur lesquels nous n’avons aucun contrôle ? Ce qui me choque, c’est lorsqu’une jeune maman m’explique que, lorsqu’elle veut la tranquillité, elle met son enfant de trois ans devant la télé.  Beaucoup de parents me répondent souvent, pour leur part, que c’est pour  que leurs enfants, du primaire ou même au collège ou au lycée, n’aillent pas traîner dehors et ne soient exposés aux dangers de la rue (alcoolisme, drogues, sexualité, vagabondage, vol et autres) qu’ils sont prêts à mettre un écran de télévision dans chaque chambre, à payer des centaines de milliers de francs CFA pour les abonnements au câble, l’accès à internet ou encore les dernières consoles de jeux vidéo. Et dans quasiment toutes les familles, des plus nanties aux plus modestes, c’est le même raisonnement : pour garder les enfants à l’abri des dangers qu’ils rencontreraient dehors, il faut savoir les occuper à la maison. Et visiblement, le meilleur moyen de le faire, c’est de les mettre devant des écrans. Il est vrai que pour les occuper, c’est très efficace ! Il suffit de voir le temps qu’ils passent devant ceux-ci.

Parfois, lorsque je suis chez mes parents, j’observe mes petits frère et sœur, mes neveux et nièces, qui ont tous entre dix et quatorze ans. Les jours où ils ont école, quand ils en reviennent, ils jettent leurs cartables, et, avant même de se changer, ont déjà un œil sur la télé. On les force presque à faire la sieste, et ils prennent un certain temps pour faire leurs devoirs, donc, quelques heures de l’après-midi. Ceci fait, ils peuvent se ruer sur la télécommande. Dans certaines familles, ils restent assis au salon bien après que les parents soient couchés, devant la télévision. Ce que je trouve assez illogique, c’est de voir que certains parents acceptent que leurs enfants allument la télévision le matin, avant d’aller à l’école. Pourquoi ? Quel en est le but, le bien-fondé ? J’ai l’impression d’observer des accros, à qui il faut donner leur dose matinale avant de démarrer la journée ! Je ne parle même pas de ces ados qui ont des smartphones ou des tablettes connectés à internet. Avec eux, il faut répéter la même chose deux, trois fois, parfois en criant, pour qu’ils se décident à sortir leur nez de l’écran. Je trouve souvent cela triste lorsque je suis avec des amis, et qu’à un moment donné, sur une table de quatre ou cinq personnes, c’est le silence total parce que chacun a les yeux rivé sur son portable, à satisfaire le besoin de communiquer avec des amis, virtuellement, au lieu qu’il en a un juste à quelques centimètres de lui. Et pour moi, c’est juste insensé que des jeunes de dix, douze ans se comportent ainsi ! Les périodes de vacances scolaires sont, pour beaucoup d’enfants, synonymes d’interminables orgies de télévision. Faites donc l’expérience : observez-les, pendant deux ou trois jours, sans rien dire, en essayant d’estimer le temps qu’ils passent devant la télévision, juste la télévision, parce que, pour les autres types d’écrans domestiques, c’est plus compliqué. A la fin, demandez-vous si, vous, vous passeriez autant de temps devant des dessins animés, des vidéo-clips ou des séries télévisées.  

Ce qui est le plus effrayant, à mon sens, plus que le temps passé devant les écrans de télévision, c’est la nature et surtout le contenu des programmes que les enfants regardent. Honnêtement, j’ai le contact facile avec les moins de douze ans, alors, dès que j’en ai l’occasion, je leur demande ce qu’ils aiment ben regarder, à la télé. Ils vous citeront tous les mêmes chaines du bouquet Canal +, les mêmes titres de dessins animés, avec les préférences des uns et des autres. Je prends, parfois aussi, le temps de regarder un ou deux épisodes avec eux, pour tenter de comprendre ce qui les intéresse tant dans tel ou tel programme. Il est vrai que chaque génération a ses références : certains de nos parents se souviennent encore d’Albator ou de Candy, pour les moins âgés. Nous, nous avons eu Dragon Ball, puis Naruto, One Piece… Mais franchement, je me demande, devant certains programmes que regardent les enfants actuellement, si leurs concepteurs n’ont pas des déviances cachées ! Parce qu’il y a de ces personnages ! Je ne sais pas pourquoi, mais ils ressemblent de moins en moins à des êtres humains. D’ailleurs, vous trouverez très souvent des étrangetés comme un poisson rouge avec des pieds, des êtres gélatineux, des objets qui se meuvent et parlent comme des adultes. Avec des comportements aussi étranges : des êtres qui coincent les autres dans leurs derrière, des séances de pets interminables, et une obsession rectale à peine voilée ! Comprenez-moi bien, je ne suis ni extrémiste, ni complotiste, ni moraliste. Je trouve juste que lorsque que mes enfants passent le plus clair de leur temps à faire une activité, il faudrait au moins qu’elle corresponde aux codes et aux valeurs que je veux leur inculquer dans la vie. Et là, je ne parle que des dessins animés ! Parce qu’il y a les chaines musicales, auxquels les tous petits n’échappent pas. Un de mes amis me racontait, il y a quelques temps, que son fils adore le titre « anaconda » de Nicki Minaj. J’aurais trouvé ça normal si son fils avait plus de quatre ans ! Je ne vous parle même pas de la vague déferlante qui s’est abattue sur toute l’Afrique Centrale, il y a environ un an : « collé la petite » ! Quand un petit garçon de deux ou trois ans, à une fête d’école, tient sa condisciple par les hanches, derrière elle, et mime l’acte sexuel, je me demande, des enfants, de la maîtresse qui les fait danser, ou des parents qui applaudissent en rigolant, qui doit être interné en premier ! L’autre type de programmes qui me donne les maux de tête : les télénovelas. Elles ont même déjà un canal qui leur est entièrement dédié : Novelas Tv. Quel est l’intérêt de faire regarder des histoires d’amour à l’eau de rose à des enfants ? Les préparer à leurs prochaines vies amoureuses, peut-être ? Il y a des mères qui, en rentrant de leur boulot, savent qu’elles n’auront pas totalement manqué leur série préférée, parce que leur fille de sept-huit ans l’aura regardé pour elles.   

Je l’ai dit plus haut, moi-même j’ai passé beaucoup de temps devant la télévision, plus jeune. Mais je pense qu’à cette époque, elle n’avait pas le même rôle qu’aujourd’hui. Je me rappelle que la règle principale était : « pas de télé avant midi », pendant les vacances. Durant la période scolaire, je ne regardais la télévision qu’entre douze et quatorze heures, dix-huit et vingt heures trente, au plus tard. Ce n’est que vers la fin du lycée que j’ai commencé à regarder la télévision après minuit, pour suivre les matchs de la NBA en direct. En ce temps, la télévision était, surtout pour moi, d’abord un moyen d’éducation et d’apprentissage. Je crois que je regardais le journal télévisé plus que le reste de la maison. Je me rappelle encore aujourd’hui des batailles de Sarajevo, et de la Yougoslavie, parce que je regardais les infos. Personne ne m’a raconté cela, je l’ai quasiment vécu. Je ne compte plus le nombre de programmes éducatifs que je ne pouvais pas me permettre de manquer : « c’est pas sorcier ! » en fait partie. Depuis le primaire, je suis tout ce qu’il peut y avoir comme documentaire, historique, animalier, sur les technologies, et bien d’autres. Au primaire et durant mes années de lycée, j’ai toujours eu l’impression que la plupart des choses que j’apprenais en classe de sciences, je les savais déjà. Parce que j’en avais déjà, plus ou moins, entendu parler dans un documentaire. Bien évidemment, le divertissement aussi était au programme. Les émissions telles que « Canal Evasion » m’ont fait découvrir la majeure partie des grands classiques de la musique du siècle dernier. Et les grands événements sportifs ont toujours été au programme. J’ai eu les larmes aux yeux en voyant que les enfants de mon quartier, et même ceux qui vivent à la maison, n’en avaient que cure des derniers JO de Rio. Je me demande pourquoi on en est arrivé là ? Pourquoi la télévision est devenue seulement un objet de divertissement, et a délaissé ses fonctions d’éducation, d’instruction ? Et surtout, quelles en sont les conséquences ?

Je trouve que les enfants qui passent beaucoup de temps devant la télévision ont quelques défauts à souligner. J’en connais quelques-uns qui, lorsqu’ils sont dans une pièce dans laquelle il y a un téléviseur, ne peuvent pas s’empêcher de le regarder. Ils sont littéralement sous son emprise, même quand le programme en cours ne les intéresse pas vraiment. Le pire c’est ceux qui ont le « pouvoir sur la télécommande ». Ils s’habituent tellement à zapper quand un programme ne les plait pas qu’ils se disent que la vie réelle est ainsi. Ils sont donc tout le temps en train de passer d’une chose à l’autre, s’ennuient très vite lorsqu’on leur demande de rester concentrer un certain temps, et, pour les pires cas, passent leurs temps à s’imaginer dans un monde parallèle, avec leurs propres personnages, monde dont ils ne sont contraints de sortir que parce que vous les contraignez à le faire.

Mais ce qui me fait le plus peur, c’est de constater que, la plupart, du fait des innombrables personnages qu’ils regardent chaque jour et de la richesse des dialogues, ont un vocabulaire très riche. Mais, très peu savent écrire ou même épeler tous ces mots savants qu’ils absorbent à longueur de journée. Lorsqu’un enfant de neuf ans vous dit qu’il fait des rêves « prémonitoires », vous êtes déjà assez surpris qu’il connaisse la signification d’un terme aussi complexe. Mais, de savoir qu’il ne sait, ni l’écrire, ni l’épeler me fait vraiment de la peine et prouve qu’il est confronté à deux maux qui, en s’additionnant, sont graves de conséquences pour sa future scolarité : l’abus de télévision, et sa conséquence la plus simple, le manque de lecture.

Bien évidemment, je ne fais que des constats visuels, n’étant pas un expert du comportement des enfants, de l’éducation, ou encore un psychologue ou psychiatre de l’enfant. Cependant, voilà ce qu’en disent certains qui s’y connaissent un peu mieux sur le sujet :

« … La télévision plonge dans un état proche de l’hypnose les enfants qui restent scotchés. Aussitôt le poste allumé, des ondes lentes, dites « alpha », prennent le relais des ondes «  bêta », celles de l’éveil sur le cerveau. L’enfant est alors plongé dans un état de légère léthargie, proche de celui d’endormissement. Les enfants regardant beaucoup la télé ont également une nette prédominance de l’activité cérébrale dans l’hémisphère droit, celui qui traite l’information de façon émotionnelle. Résultat : l’esprit critique est annihilé et la capacité d’apprendre diminue. »

« La télévision altère la capacité d’imagination de l’enfant c’est à dire sa capacité de représentation. Le pédiatre allemand Peter Winterstein a ainsi montré que plus les enfants passent du temps devant le poste, plus leurs dessins s’appauvrissent en détails et perdent de leur relief, quand ils ne sont pas carrément déstructurés pour les plus « téléphages »

Dessins faits par des enfants de 5-6 ans, scolarisés depuis l’âge de 3 ans. Le groupe du haut étant celui qui regarde le moins la télévision (moins d’une heure par jour), celui du bas, les enfants qui regardent la télé plus de 3 heures par jour.

« Plus les enfants passent du temps devant des écrans, plus leurs résultats scolaires sont mauvais. C'est ce que montre une étude publiée dans le numéro d'octobre 2014 de la revue American Journal of Family Therapy, qui analyse les habitudes de 46 000 familles américaines avec enfants (de la maternelle à la terminale). A partir d'une demi-heure de temps d'écran par jour, ils ont constaté une baisse régulière des résultats scolaires. La baisse est beaucoup plus prononcée après deux heures et, au-delà de quatre heures, la moyenne générale de l'enfant chute d'une classe. »

« …  les chercheurs invoquent les difficultés à trouver le sommeil que développent les enfants qui passent beaucoup de temps devant la télévision ou sur l'ordinateurSelon l'étude citée par le Huffington Post (article en anglais), les enfants qui passent quatre heures par jour devant un écran mettent en moyenne vingt minutes de plus à s'endormir. »

«  Les problèmes de concentration qui progressent avec l'exposition aux écrans. "Les dessins animés et les jeux vidéo habituent les enfants à une forte dose d'excitation, qu'ils ne retrouvent pas dans la vraie vie, explique le Dr Larrar. Parce que les autres activités deviennent moins captivantes, il devient plus difficile de se concentrer dessus »

«  Les écrans non-interactifs, comme la télévision, les plongent dans la passivité. L'image s'impose à l'enfant qui se retrouve dans un processus linéaire. Il ne développe pas son imagination ou sa capacité à raisonner pour tenter de trouver une solution à un problème. "Il n'expie pas non plus ses angoisses, comme il peut le faire sur ses Playmobil ou d'autres jouets, ce qui est extrêmement important", explique le Dr Larrar. »


Il n’est, certes, pas facile pour les parents, de se retrouver et surtout, de savoir quelles sont bonnes décisions à prendre pour le bien-être de leurs enfants, face aux écrans et surtout à la télévision. Pour les aider, il existe, cependant, une règle assez simple, dite du « 3, 6, 9, 12 ». Elle se résume ainsi : pas de télévision jusqu’à 3 ans, pas de console de jeux avant 6 ans, pas d’internet, même avec les parents, avant 9 ans, et enfin, à 12 ans, on peut laisser l’adolescent découvrir le monde virtuel.




En définitive, voilà le seul conseil que je donnerai aux parents : à l’approche de Noël, au lieu de leur acheter une nouvelle télévision à écran plasma, 4K, 64 pouces, des tablettes numériques, des nouvelles consoles de jeux vidéo et autres gadgets, offrez-leur plutôt des jouets qui les éveillent tout en les éloignant le plus possible de l’esclavage moderne des écrans. Ils vous feront certainement la tête à court terme, mais ils vous remercieront surement dans quelques années. Bonnes fêtes de fin d’année !

dimanche 4 décembre 2016

Lettre à Mandela

Bonjour Madiba,

Cette nuit, je me suis levé en pensant à ce qu’il faudrait que je fasse pour faire comprendre à mon fils, qui n’a que huit ans, qui tu étais et pourquoi il doit le savoir. Je t’avoue que, pour le moment, je n’ai pas encore trouvé les mots. En y réfléchissant, j’aurais pu tenter de lui faire un résumé de ta biographie, mais comment résumer une telle existence ? Alors, je me suis dit que, l’idéal, ce serait que je lui raconte ce que moi, j’ai gardé profondément encré au fond de mon âme, de toi.


Etant né en 1984, durant ton incarcération à la prison de Pollsmoor, je n’ai pas connu tes premières années de lutte. Je n’ai pas connu Nelson, l’étudiant militant, Nelson, le premier avocat noir d’Afrique du Sud, Nelson, le leader de la lutte non-violente (comme Gandhi, à qui on te compare souvent et qui initia cette lutte durant son séjour en Afrique du Sud). Je n’ai pas connu Nelson, le leader qui bascula dans la lutte armée, ni Nelson, le fugitif, recherché par les autorités de ce pays où les noirs, majoritaires pourtant, devaient vivre reclus entre eux, n’avaient quasiment aucun droit, et devaient se promener avec un passeport intérieur, pour pouvoir se déplacer en paix sur la terre de leurs ancêtres. Je n’ai pas entendu ton célèbre plaidoyer, lors du procès de Rivonia, ni tes interminables années de détention à Robben Island, sous le matricule 46664.

D’ailleurs, je ne t’ai jamais personnellement rencontré. Tout ce que j’ai connu de toi, c’était à travers la presse écrite et les journaux télévisés. La première fois que je t’ai vu sur le petit écran, tu étais déjà un homme d’un âge avancé, grand et mince, les plis des yeux accentués par la vieillesse et les cheveux plus blancs que ceux de ma grand-mère. C’était le 11 février 1990. Mes parents étaient tous excités comme des enfants, car, quelques jours plutôt, le président de Klerk avait annoncé la levée de l’interdiction de l’ANC et ta prochaine libération. Tout le monde à la maison regardait chaque soir le journal télévisé pour en apprendre un peu plus sur la date et les conditions de ta libération. Et puis, ce soir-là, je te vis enfin ! Tu te tenais là, au milieu de cette foule en liesse, dans ce costume gris qui avait l’air trop grand pour toi. J’étais en classe de CP1, je revenais à peine d’un séjour de plusieurs années dans le village de ma mère, où j’avais vécu avec comme seule tutrice, ma grand-mère, au milieu de toutes ses congénères. J’avais donc une forme d’affection particulière envers les personnes âgées. Et dès ce premier jour, je ressentis la même chose que je ressens encore aujourd’hui, en écrivant ces mots : ce drôle de frisson qui me parcours les épaules et le long de la colonne vertébrale, et ces larmes qui me montent presqu’instantanément aux yeux. Voilà ce que j’ai toujours ressenti, à chacune de tes apparitions à la télévision, à chaque fois que je me suis assis au Centre Culturel Français (actuel Institut Français), pour relire, encore une fois, ta biographie, à chaque fois que je devais parler de toi, à chaque fois que quelqu’un disait du mal de toi.



C’est ce même frisson qui me parcouru le 2 avril 1994, à la vue de ces interminables files humaines qui se dirigeaient dans les bureaux de vote, lors des premières élections multiraciales d’Afrique du Sud. Devant le petit-écran, nous n’avions aucun doute : tu serais élu Président de la Nation arc-en-ciel ! Entre le 27 avril et le 10 mai 1994, je crois qu’il y a eu peu de soirs où ton visage n’apparaissait à l’écran, où ton nom n’était cité dans les journaux. Au fond, je me suis senti, durant toute cette période, comme beaucoup d’ailleurs, Sud-Africain dans l’âme. Et ce fut ainsi durant plusieurs années. Lorsque, après ta libération de prison, tu vins en visite officielle à Libreville, j’étais encore trop jeune pour pouvoir venir te voir défiler dans les rues de la capitale, avait dit ma mère. Ce jour, que j’attendais avec tant de joie, finis par être un des plus tristes de mon enfance. Finalement, ce ne fut que partie remise, puisque, quelques années après l’obtention de mon concours d’entrée en sixième, tu reviendras ici, au Gabon, et que, pour te rendre hommage, le lycée d’Application de l’E.N.S, où je fis tout mon secondaire, sera rebaptisé, « Lycée Nelson Mandela ». Ceci ne fera que renforcer cet étrange attachement que j’ai toujours eu pour toi. Je me suis toujours considéré, dès lors, comme un de tes nombreux petits-enfants, allant même par t’appeler, comme ceux-ci :Madiba.

Tout au long de ces années où j’ai pu te découvrir, te suivre et te connaitre, je ne me souviens pas une seule fois avoir douté de toi, avoir eu une pensée négative envers toi, ou t’avoir critiqué. « Il n’a pas été aussi parfait que ce que le peuple noir d’Afrique du Sud attendait de lui », ont dit quelques-uns. Mais nul n’est parfait, et tu l’as toujours répété « je ne suis qu’un Être humain ». Chacun de nous tous a ses faiblesses et bien peu sont ceux qui, se permettant de te jeter une pierre, peuvent se targuer de ne pas en mériter au moins une dizaine. Tu auras été, jusqu’à tes derniers jours, un modèle d’intégrité, de courage, de détermination pour moi.

Ces fameux derniers jours ! Le monde entier te savait déjà très souffrant, et ce depuis des années : cancer de la prostate, infection pulmonaire… Sans compté que tu n’étais plus bien jeune. A cela, on ajoute 27 ans d’incarcération, dans des conditions extrêmement difficiles, et on se dit que tu auras quand même tenu bon ! Lorsqu’en juin 2013, certaines chaines de télévision annoncent ton décès, je ne veux pas y croire, et d’ailleurs, je n’y crois pas du tout. Et avec raison, puisque tu seras, quelques semaines après, ramené à ton domicile. Cette année-là, je me trouvais à Dakar, dans ma petite chambre d’étudiant, avec, comme seule compagnie, ma télévision, qui veillait parfois toute la nuit, passant en boucle les nouvelles sur France 24. Ainsi, lorsque Jacob Zuma annonce officiellement ton décès, après plusieurs jours de suspens, je prends quelques minutes, assis sur mon lit, pour te dire adieu, puis, je me lève, arrête ma télé en me disant « il est parti paisiblement, c’est déjà ça de bien ». 
   

Je me suis toujours dis qu’il y a des choses qu’on ne peut pas traduire par de simples mots. Certains appelleraient cela de l’admiration, d’autres de la passion, et d’autres encore du fanatisme. Je ne me considère pas comme un fan, au sens propre du terme. Ni même une sorte d’admirateur qui s’afficherait avec des chemises en wax qui ont finis par porter ton nom, pour faire comme toi. Je me considère comme chanceux d’avoir vécu à ton époque, et de t’avoir vu vivant. Certains t’ont presque élevé au rang de dieu, d’autres te comparent à Jésus, ou à un de ces « grands » hommes de l’histoire. Moi, je suis juste fier que tu ais prouvé au reste du monde que le pardon et l’amour du prochain ne sont pas des utopies, et qu’ils valent mieux que tout. Albert Einstein a dit un jour de Gandhi « les générations futures auront du mal à croire qu’un tel homme ait existé ». Moi, j’ai eu la preuve, à travers toi, que non seulement de tels hommes peuvent exister, mais qu’en plus, ils ne cesseront jamais de nous inspirer. Merci Madiba. 

jeudi 24 novembre 2016

Un quartier sous les déchets


Bonjour les Etres humains !



Un jour, j’ai entendu Stephen KING, prolifique écrivain américain à grand succès, conseiller aux jeunes d’écrire sur ce qu’ils vivent. Alors, pour suivre son conseil, je vais, une fois de plus, vous parler de mon quartier. Pour rappel, j’en avais déjà largement parlé dans le billet intitulé : « Bienvenue chez moi ! » 


Je vis dans un des bidonvilles de la capitale du Gabon, un vaste quartier aux frontières peu définies, comme la majeure partie de ceux de Libreville. Un quartier dénommé « Derrière l’Ecole Normale », en référence à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), qu’il abrite. Dans ce township du nord de la ville, situé entre le quartier « Derrière la prison », « l’Ancienne Sobraga » et les « Charbonnages », la pauvreté est extrêmement répandue et ses conséquences se font ressentir à tous les niveaux de la société. En fait, mon quartier est un parfait  exemple du sous-développement et de ses conséquences dans notre pays. Vous l’aurez compris, il y a énormément de choses à dire sur « Derrière l’ENS », comme on l’appelle aussi. Mais aujourd’hui, je vais juste revêtir ma blouse d’écologue et vous parler des conditions sanitaires dans lesquelles nous vivons ici.



La principale artère qui borde notre quartier part de la prison centrale vers l’ancienne RTG (Radio Télévision Gabonaise). L’entrée principale de celui-ci se situe juste en face du grand portail de l’Université Omar BONGO, première université du pays, et conduit à l’Ecole Normale Supérieure. Comme dans plusieurs quartiers de la capitale, la route qui conduit chez nous n’est goudronnée que sur quelques centaines de mètres. En fait, le quartier se divise en deux grandes parties, à partir de l’ENS. Sur la droite, la route, encore goudronnée, conduit jusqu’à la villa d’un ancien président de l’Assemblé Nationale, candidat à l’élection présidentielle d’Aout dernier. Devant cette villa, la route se divise encore en deux artères, l’une, sur la droite, est aussi goudronnée sur quelques dizaines de mètres, jusqu’à l’entrée de l’ancienne résidence de Sophie Ngomassana (ancienne ministre de la République). De là, partent des ruelles semblables à toutes les autres du quartier : des pistes garnies de crevasses à n’en plus finir ! L’autre ruelle qui part du portail de la villa de l’ancien premier député de la Nation, identique à ces ruelles, conduit à la zone dite de « l’épicerie ». Mais je ne vous parlerai pas de ces zones qui sont assez éloignées de mon lieu d’habitation, bien que la vie y soit exactement la même. Je vais plutôt vous parler de la deuxième grande partie de notre adorable quartier, celle qui suit la route allant sur la gauche à partir de l’ENS. Elle mène à ce qu’on a surnommé « Allalango », du nom d’un ancien grand et célèbre débit de boissons du coin. Sur cette voie jonchée de ce que mon père appelle affectueusement des « nids d’éléphants », ne circulent que les véhicules de particuliers qui y vivent. Les taxis s’y rendent très difficilement et peuvent même vous demander le double ou le triple du tarif normal ! Les rares « clandos » qui veulent bien vous y conduire vous demanderont cinq cent francs (500fcfa), quand ils desservent la zone de l’épicerie pour seulement cent francs. Le décor ainsi planté, revenons à notre sujet du jour, l’insalubrité.

A partir de l’université, on peut compter, sur l’itinéraire conduisant au « petit marché » d’Allalango, trois emplacements réservés au dépôt des ordures ménagères. Le premier est situé à quelques mètres de l’entrée du quartier, près de l’université. Le deuxième se trouve à mi-chemin entre cette dernière et l’ENS, et le troisième, bien plus éloigné de ceux-ci, est à quelques pas du petit marché du coin. Dans notre belle capitale, le ramassage des ordures ménagères a été confié à une entreprise qui officie dans plusieurs capitales d’Afrique subsaharienne et du nord, j’ai cité le groupe Averda. Ainsi, aux emplacements cités plus tôt, vous retrouverez des bennes à ordures de tailles variables flanquées du « A » blanc stylisé sur fond bleu. Lorsque vous circulez dans Libreville, vous ne manquerez pas d’être agréablement surpris par le ballet incessant des énormes véhicules dédiés au ramassage des ordures. Vous vous direz surement, comme moi à mon retour dans la capitale, que cette entreprise doit assurément veiller à la propreté de la ville et au bien-être de ses habitants. Venez donc faire un tour à l’Allango et vous changerez vite d’avis.

Comme presque tous les matins, je me lève à six heures pour la corvée d’eau, parce qu’il est impossible, dans notre zone, d’avoir de l’eau au robinet toute la journée. Juste quelques heures au lever du jour nous conviennent, selon dame SEEG, qui nous fait grâce de l’eau courante (sous la bannière de Véolia, encore un grand groupe dont personne ne douterait de l’efficacité, mais passons…). Presque toujours, après ma corvée d’eau, je vais jeter les sacs poubelle accumulés la veille dans la benne du petit marché, la plus proche de chez moi. Durant tout le début du mois d’Aout dernier, cette dernière était souvent pleine à craquer, certes, mais elle était vidée très rapidement. Puis, durant les évènements dits « post-électoraux » que ceux qui suivent l’actualité politique locale connaissent, les montagnes d’ordures ont commencées à s’entasser. Bon, on peut concéder aux employés d’Averda d’être, eux aussi, des Etres humains qui ont peur de recevoir une balle perdue avec toutes les armes qui étaient brandies dehors. On pensait tous alors qu’avec le calme revenu sur la capitale, les ordures qui commençaient à obstruer la route qui mène chez nous finiraient par disparaitre. A notre grand étonnement, ce ne fut pas le cas. Ainsi, pendant plusieurs jours, les sacs en plastiques pleins de reste de repas, les carcasses d’animaux domestiques morts, les feuilles d’arbres de toutes espèces, les débris plastiques, les débris d’appareils électroniques, etc… ont formé une sorte d’oasis d’immondices au centre duquel se trouvait la belle benne bleue, pleine comme un œuf de Fabergé ! je vous épargne les détails sur les flaques verdâtres, rougeâtres, et autre-âtres qui se sont formées dans la zone, avec, dans ces bouillons de culture, des asticots gros comme des phalanges, qui nageaient joyeusement entre la peste et le choléra. Ce spectacle, qui a pris, depuis, un volume moindre, reste tout de même celui auquel j’assiste tous les matins quand je sors de mon quartier.



Vous savez ce qui m’alarme le plus face à ce paysage ? je vous explique : entre le lieu où se trouve la benne et le petit marché, il y a une pente qui passe devant l’école primaire du quartier et en contrebas de laquelle se trouvent la plus grande partie des habitations du coin. A la mi-septembre, la saison des pluies a commencé. Ceux qui ont déjà vécu en milieu tropicale imaginent bien ce qu’est une saison de pluies au Gabon : de longues et fortes averses quasiment tous les deux jours, et ce durant des mois. Résultat, après chaque pluie, l’on retrouve des sacs en plastique et une grande partie de leur vil contenu dans tout le quartier. Chaque matin, mon oncle passe un coup de râteau devant la maison, pour essayer de les diminuer. Mais c’est comme puiser de l’eau avec une calebasse sans fond… Les rats et les cafards sont devenus nos inséparables voisins les plus proches. Dieu merci, aucune maladie grave due à cette pollution n’a encore été diagnostiquée, pour le moment. A croire que l’adage qui dit que « l’Africain ne meurt pas de microbes » se vérifie bien chez nous !

Ceci dit, je vous avoue que je serais de mauvaise foi si je rejetais toute la faute de cette situation sur l’entreprise Averda. En effet, je dois reconnaitre que le contexte social local n’est pas pour arranger les choses. Parce qu’il faut bien comprendre qui sont les habitants de ce quartier et quelles sont leurs meurs. Avant toute chose, il faut se souvenir que jusqu’au début des années 2000, nous vivions un peu comme nos parents qui ont débarqué de leurs villages et sont venus s’installer dans cette zone quasi-rurale de Libreville. Nous nous débarrassions de nos ordures comme on le fait encore dans les villages les plus reculés d’Afrique, en les jetant derrière nos maisons. Avec le temps, et l’illusion d’urbanisation que nous connaissons ici, les maisons en planches ont laissé place à des bâtisses en briques, dans lesquelles tout le monde veut avoir un split, un écran plasma et une antenne CanalSat. Le foncier faisant défaut, beaucoup ont commencé à creuser leurs fondations sur les sites où, dans le passé, se trouvait une décharge familiale. La conséquence est qu’aujourd’hui, presque tout le sol nu du quartier ressemble à un site archéologique dont les trouvailles sont les vielles bouteilles, conserves, cannettes, sacs en plastique, etc… enfouis quelques années auparavant.

Ce qui me désole absolument, c’est que, aujourd’hui, en 2016, ceux-là qui regardent le monde à travers leurs chaines câblées, qui ne communiquent plus que par WhatsApp et portent (pour ces dames) des mèches bleues sur la tête, continuent de vivre comme il y a cinquante ans. Je suis estomaqué quand je vois que tous mes voisins les plus proches, je dis bien tous, jettent leurs sacs plastique pleins d’ordures derrière la maison de mon bailleur. Vous imaginez un peu à quoi peut ressembler une montagne d’ordures accumulée par sept familles ? Le pire, c’est que ces mêmes familles se servent des mêmes latrines, situées derrière leur petite décharge. Ils doivent donc, hommes, femmes et enfants, marcher dans leurs propres ordures pour aller faire leurs besoins ! je suis sidéré quand je vois des enfants trimballer un énorme sac pleins d’ordures et le déposer tranquillement au pied de la benne, à même le sol. Certains, certes, sont trop maigres ou pas assez grands pour le hisser dans la benne. Mais, je perds littéralement la tête quand c’est un adulte qui le fait. Quand il s’agit d’un jeune de ma génération, je ne peux m’empêcher de lui demander ce que ça lui couterait de jeter son sac dans la benne. Certains sont compréhensifs et même honteux de leur geste, tandis que d’autres, à la limite, me répondent par des insultes. Pour les plus âgés, je ne peux que secouer la tête, car, pour ceux-là, il est trop tard pour apprendre. On ne redresse pas un vieux baobab tordu… Et puis, il y a ceux qui ont juste, à mon avis, une case en moins. Du genre de cet adulte qui, il y a quelques jours, vers midi, s’arrête devant la benne à ordures, baisse son short, sort son sexe et urine sur les déchets qui jonchent le sol, sans même se soucier des pauvres petites élèves du primaire qui sortent des cours !
 

La question qui m’est revenue à l’esprit, à chacun de mes constats est celle-ci : qui est responsable ? Qui est fautif lorsqu’Averda laisse les riverains croupir sous les déchets durant des jours ? Qui est responsable quand mes voisins jettent leurs ordures derrière la maison ? Qui accuser quand les gens préfèrent poser leurs sacs d’ordures sur le sol au lieu de les jeter dans la benne ? Qui devrait sévir lorsque ce père de famille pisse (permettez-moi l’expression) devant des enfants ? A mon humble avis, la réponse est l’Etat. Et là, je vois déjà mes amis qui disent tout le temps que j’aime rendre l’Etat responsable de tous les maux du Gabon se ruer sur moi… Mais je le répète, le premier responsable de tout ce désordre est l’Etat. Parce que nous sommes dans une nation régie par des lois et que le rôle premier de l’Etat est de veiller au respect scrupuleux de celles-ci. Nous avons un code de l’environnement (Loi 007/2014), que je vous invite à consulter et qui est clair, tant sur les mesures que doit prendre l’Etat, au travers de son Ministère de l’environnement, pour que les opérateurs de gestion des déchets ménagers n’agissent pas selon leur bon vouloir. Ce même code est aussi clair sur les modalités d’élimination des déchets ménagers, sur les moyens de surveillance qui doivent être mis en place pour veiller à la réduction des pollutions et des nuisances, ainsi que les obligations de l’Etat et des medias publics en matière de sensibilisation du public ! je ne vais même pas rentrer dans les détails des articles de ce code ou parler des décrets comme la loi n°13/74 portant sur l’élimination des déchets et la réduction des nuisances publiques ! Ces réalités que nous vivons dans mon quartier, beaucoup d’autres les vivent dans les leurs, à travers toute la capitale gabonaise ! Jamais vous ne verrez un agent du ministère de l’environnement venir enquêter sur la satisfaction des citadins par rapport aux activités d’Averda ! Jamais vous ne verrez votre enfant revenir de l’école, vous disant qu’on leur a fait un cours sur les déchets et leurs dangers ! Jamais vous ne verrez, sur les chaines locales dites publiques, des programmes visant à sensibiliser les populations sur cet aspect pourtant crucial de leur vie ! Pas un mot dans les journaux, pas de sanctions prises contre qui que ce soit ! Pourquoi ? Parce que nous avons de belles lois qui sont bien écrites sur le papier et qui ne servent strictement à rien !  


Pour finir, je me demande quelle est la position des associations et ONGs qui disent défendre l’environnement, face à cette problématique des déchets à Libreville. Il y a quelques jours, je me suis rendu au siège d’une de ces organisations non-gouvernementales. J’ai rencontré le chargé de la communication de celle-ci. Il m’a brossé un joli portrait de leurs activités, qui, en gros, se concentrent sur la préservation des forêts et ressources naturelles. « C’est très bien, ce que vous faites, mais quelle est votre action  en ce qui concerne les nuisances et pollutions dans la ville de Libreville où je vis, moi ? ». Rien ! Vous savez pourquoi ? Parce que les organismes internationaux qui financent les projets de cette célèbre ONG ne s’intéressent pas à la vie des Gabonais à Libreville. Peut-être que si le Librevillois était une ressource naturelle qui pourrait être exploitée dans un avenir plus ou moins proche, il y aurait des projets d’ONGs visant à améliorer son bien-être. C’est triste à dire, mais c’est la réalité !


Je ne veux pas juste donner des leçons et pointer les uns et les autres du doigt : je vous en conjure, chers compatriotes, concitoyens, frères et sœurs, faites un geste, montrez l’exemple, éduquez les enfants, apprenez leur les bons gestes de salubrité, prenez des photos des poubelles qui vous révoltent et envoyez-les directement à l’adresse e-mail d’Averda, apportez-les au ministère de l'environnement, même au Président de la République (il est sur Twitter et sur Facebook), parce que dans ce pays, la loi dit que vous avez droit à un environnement sain, alors revendiquez votre droit !