dimanche 11 janvier 2015

Pantalon "taille-basse", pour qui et pourquoi?

Bonjour les Êtres humains !

Aujourd’hui, nous n’allons pas parle de sujets graves, mais plutôt d’une tendance vestimentaire qui ne semble pas vouloir disparaître en Afrique : il s’agit de cette manie de porter le pantalon trop bas en-dessous de la ceinture. Je me souviens que lorsque nous étions au lycée, un ami m’a dit que ça s’appelait « faire bishop ». Je ne sais pas trop comment cela s’appelle aujourd’hui dans mon pays d’origine, le Gabon, et je parie que, dans celui où vous êtes, cela doit s’appeler autrement. Ici au Sénégal, les jeunes appellent cela « Check-down », ou « Dangal », pour les plus âgés. Ce qui m’a donné envie de parler de ce style vestimentaire, qui parait être un « truc de jeunes », c’est la façon dont il est si répandu dans ce pays, autant chez les moins de trente ans que chez beaucoup de leurs aînés, et surtout, parce que le phénomène est devenu une mode complètement adoptée et même vastement tolérée chez la gente féminine !

Avant toutes choses, je me suis demandé d’où pouvait bien venir cette tendance. Bien évidemment, je présume qu’elle est liée au mouvement hip-hop. Je me souviens qu’elle est arrivée au Gabon vers la fin des années 90, quelques temps après le style « criss-cross », vulgarisé par les neveux de Michael Jackson, du groupe de rap du même nom. Je me rappelle qu’à cette époque, je portais même le pantalon de mon uniforme du lycée en-dessous des fesses ! Je devais alors avoir entre quinze et dix-sept ans. Nous voulions tous imiter nos idoles d’alors qui s’habillaient ainsi dans leurs vidéo-clips : 2Pac, R. Kelly, Ja Rule, etc. rien que des américains ! D’ailleurs, j’ai demandé à une amie Sénégalaise, ici à Dakar, si elle avait une idée de l’origine de cette mode vestimentaire.  Elle m’a dit qu’à l’origine, ce sont les prisonniers américains qui s’habillaient ainsi, parce que n’ayant pas le droit de porter leurs pantalons avec une ceinture.

Je sais que les tendances vestimentaires sont comme vouées à un cycle répétitif. C’est pourquoi, je comprends bien que mon petit frère, dix ans après moi, fasse aussi le « bishop ». Et aujourd’hui encore, je peux bien m’expliquer que les jeunes lycéens, sous l’influence actuelle des Lil’Wayne, Wiz Khalifa et autres ASAP Rocky, suivent à nouveau cette mode. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi des hommes de mon âge ont du mal à laisser tomber ce style. Je sais, et je suis le premier à le crier haut et fort, que le style vestimentaire de tout un chacun ne devrait pas être jugé par qui que ce soit. Mais, je crois qu’il faut tout de même savoir se singulariser, si c’est cela le but recherché, tout en restant digne. Oui, je parle bien de dignité ! Parce que le type de près de trente-cinq ans qui, parce qu’il se considère comme jeune, et qu’il est de la « génération hip-hop », qui se présente devant les gens avec un pantalon qui dévoile presqu’entièrement son derrière, pour moi, ne respecte, ni sa personne, ni les gens qui sont autour de lui ! Parfois, lorsque je monte dans les « cars rapid », les bus les plus populaires de Dakar, et que je vois un apprenti-chauffeur se trémousser en exhibant son vieux caleçon pas très propre devant le nez de ses clients (surtout de ses clientes !), j’ai envie de lui demander ce qu’il compte bien montrer à sa future épouse s’il a déjà dévoilé son derrière à la moitié du pays ! En tout cas, je trouve étrange que ceux qui, aujourd’hui, ont mon âge, aient toujours envie de « baisser leur pantalon ». Surtout que la majeure partie d’entre nous avons déjà des enfants. Ce n’est pas très sérieux de se balader le caleçon à l’air devant ces derniers ! Encore que, jusque là, c’était un phénomène qui ne concernait que les hommes.


Aujourd’hui, je suis consterné quand je vois comment les femmes ce sont appropriées cette tendance ! Il suffit de passer une journée dans les rues de Dakar pour en être édifié : les jeunes femmes de touts âges, de toutes corpulences et tous les milieux sociaux se baladent avec ces fameux pantalons judicieusement nommés « taille-basse ». Je ne sais pas d’où vient ce genre de vêtement, mais il ne laisse personne indifférent. Il faut dire qu’il a la particularité de dévoiler, autant les fesses de celle qui le porte qu’une partie de sa toison pubienne. Il est devenu tellement courant de voir les femmes habillées ainsi qu’à la limite, cela ne choque plus personne ! Ce matin, durant une discussion que nous avions en classe avec un enseignant, celui-ci nous racontait qu’il a eu les plus grandes difficultés à trouver un jeans « normal » pour sa femme, parce que, sur le marché, il n’y a plus que les « taille-basse » qui sont à l’honneur. Il s’indignait d’ailleurs, en racontant que, lorsqu’il était plus jeune, il leurs suffisait, à lui et à ses amis, d’apercevoir la cuisse d’une femme pour passer une journée comblée, tant les femmes savaient cacher tous ces atouts qui les rendent si désirables. Et de se demander comment ces dernières peuvent s’étonner de ne plus susciter le désir de leurs époux : « comment peut-on être exciter par ce qu’on vous exhibe à longueur de journée ? », interrogeait-il. Car l’homme, en général, est attiré par ce qui est défendu, interdit, caché.




Pour ma part, je me demande pourquoi ce besoin de se dévoiler ? Qui en est responsable ? Doit-on vraiment, au nom d’une pseudo-modernité, laisser nos frères et sœurs se balader ainsi ? Est-ce vraiment cela, être « à la mode » ?  N’y a-t-il vraiment qu’en s’habillant comme cela qu’une femme peut montrer qu’elle est belle qu’elle a du charme ? Je crois que non. Je crois que nous devrions faire l’effort de montrer à nos cadets que ce qui fait la valeur d’une personne, certes, ce n’est pas ce qu’elle porte, ou comment elle le porte, mais cela contribue fortement à traduire ce qu’elle est. Il faudrait qu’en plus de nous vêtir comme il se doit, en accordant nos goûts et nos envies à ce qui est tolérable, parce qu’on est des modèles pour les générations à venir, qu’on explique à celles-ci que, même dans l’imitation, il ne faut prendre que ce qu’il y a de bon.  Alors, messieurs et dames, sachez ajuster vos pantalons à la hauteur de l’estime que vous vous donnez, car « l’habit ne fait pas le moine, mais le curé se distingue par sa soutane » !

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